La Providence et l'ilet à Guillaume : pénitenciers pour enfants réunionnais - 1856-1879 - (Saint-Pierre)

Un chapitre douloureux de la colonie réunionnaise post-esclavagiste.

 

le mardi 8 décembre 18h15 au Centre culturel de Saint-Pierre

 

(report de date pour conférence annulée le 22 septembre à cause d'une panne en électricité )

 

La Conférencière :
 

 

 

PASCALE MOIGNOUX, Écrivaine

Autrice de :

- Graine de bagnard : roman d'une enfance sacrifiée à l'Ilette à Guillaume

- Clément Raimbault : "l'enfant gâté du bon dieu" 

Journal d'un Franc-Créole: Un franc-maçon à l'île Bourbon au XIXe siècle

Riana - Roman d'une enfance exilée à Sainte-Marie de La Réunion

 

La Conférence :

LA PROVIDENCE ET L'ÎLET À GUILLAUME : PÉNITENCIERS POUR ENFANTS RÉUNIONNAIS (1856/1879)

avec projection iconographique d'époque

            Bon nombre de faits historiques sont méconnus du public, passés sous silence. Des pages de l'histoire se referment ainsi sur l'oubli. Or si notre passé, témoin de nos comportements, doit rester dans nos mémoires afin de mieux vivre notre présent et aménager notre futur, les pénitenciers pour enfants de La Providence et de l'Îlet à Guillaume sont les exemples mêmes du patrimoine qu'il faut porter à la connaissance de tous.

Après le 20 décembre 1848, la grande majorité des anciens esclaves refusa de travailler sur des plantations. Ces affranchis se rapprochèrent des grandes villes, Saint-Denis tout particulièrement, et s’installèrent dans les faubourgs du chef-lieu. Ce furent des centaines d’hommes, de femmes, d’enfants qui se regroupèrent spontanément dans divers camps qui, petit à petit ceinturèrent le centre-ville. Ces camps étaient d’abominables ghettos qui, rapidement devinrent de véritables cours des miracles, des zones de non droit.

Les marmailles, abandonnés à leur triste sort, erraient à travers la ville. Le vagabondage, durement réprimé, constituait une cause majeure des condamnations de mineurs.

Quant on regarde attentivement les origines des petits bagnards de l’îlet à Guillaume, on constate que la grande majorité était issue des populations affranchies.

Les petits détenus de la Providence et de l'Îlet à Guillaume continuaient donc à endurer les conséquences du statut servile de leurs parents. On peut, d'une certaine façon, les considérer comme Les oubliés du 20 décembre

 À La Réunion, les jugements sont aléatoires et les peines (démesurées par rapport aux délits commis) d'abord purgées à Saint-Denis (à partir de 1856) à La Providence. Les jeunes condamnés construiront tous les bâtiments de ce grand domaine dirigé par la Congrégation du Saint-Esprit (école professionnelle, hospice, ateliers, logements, etc.). À partir de 1863, ce premier pénitencier étant saturé, les lourdes condamnations sont dirigées vers l'Îlet à Guillaume en amont de la rivière Saint-Denis. Du fait de cet éloignement du chef-lieu, les jeunes condamnés (7 à 21 ans) évoluent dans une semi-liberté qui permet de les affecter aux travaux nécessaires à la création de ce second établissement pénitentiaire. Aménagement d'un canal d'alimentation en eau, édification des six bâtiments nécessaires à la vie de communauté ; travaux laborieux et démesurés de construction d'une route carrossable, d'un pont suspendu ; activités liées à l'élevage et aux productions agricoles : la main-d'œuvre bon marché constituée par les petits bagnards va, quinze années durant, façonner le plateau de l'îlette à Guillaume.

Peu de personnes savent que l'ancien pénitencier de La Providence existe encore et abrite aujourd'hui des logements de fonction d'un établissement public. Le site de l'îlet à Guillaume a, quant à lui, été plongé dans l'oubli pendant plus d'un siècle avant d'être enfin protégé au titre des monuments historiques en 2008. Leurs mémoires restent taboues, comme si les blessures de la honte restaient mal cicatrisées. 

En s'appuyant sur la projection d'une iconographie d'époque, cette conférence permettra une meilleure connaissance — voire une découverte — d'un chapitre douloureux de la colonie réunionnaise post-esclavagiste.

Quand
8 décembre 2020 18:15 jusqu'à 20:15
Lieu
Centre culturel Langenier
15 rue de la République
Saint-Pierre, 97410
Réunion

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