Ceci pourrait être une fiction - Yves Bosquet

DSC_1953Ceci pourrait être une fiction.

Une étudiante réunionnaise décide de continuer ses études en sautant le grand océan pour flirter avec la Californie. Beau projet et rêves d'Amérique qui se heurtent au prix prohibitif des loyers. La solution : étudiante au pair !

Affaire arrangée : une famille l'accueille royalement en contrepartie de menus travaux de maison et de la garde des enfants aux sorties d'école. Chacun y trouve son compte : l'étudiante est bien logée et les enfants sont bien gardés. Brave new world !

Vient la crise des subprimes. La famille d'accueil se serre la ceinture et se dit qu'il serait astucieux de faire partager l'impécuniosité par l'étudiante en lui demandant de payer un menu loyer sans pour autant la distraire des tâches accomplies au bénéfice de la famille.

Discussion :

-  Si tu ne peux payer personnellement, demande aux Amis qui viennent partager tes soirées épisodiquement d'y contribuer.

- Ah bon ! Mais à quel titre ? Je trouve déjà bien regrettable d'avoir à leur demander d’apporter quelques friandises lors de ces soirées musicales !

- Et tes parents, ils ne peuvent pas t’allouer quelques subsides ?

- En somme, il faut que je pioche dans la poche de quelqu’un d’autre pour alimenter la vôtre ? La question n’est pas de payer ou non, mais je ressens comme une trahison votre coup de ciseaux dans le principe de confiance et d’échanges partagés qui était le nôtre. Je comprendrais plutôt que vous discutiez de mes services pour que j’en fasse plus ou autrement. Mais là …!!

Dialogue de sourds. Comment qualifier le fait de profiter d'une étudiante dont la contribution est reconnue et vivement appréciée ? Car elle participe bel et bien au bon fonctionnement de la famille et à l'éducation des enfants.

Traduction : tu accomplis une partie des tâches qui sont les miennes ; pour remerciement de tes services, parce que je suis en difficulté financière, je te prie de payer une part de loyer pour le logement que je mets à ta disposition !

Cela ne porte-t-il pas le nom d'abus de faiblesse, d'escroquerie !

Tout rapprochement avec la situation vécue par les Amis de l'Université serait purement fortuit.

03/04/2015

15:05:53